Compte rendu atelier lecture Françoise

14/1/2026

CR Atelier LecturesMGEN du lundi 22 Décembre 2025

 

« La nuit aucœur » Nathacha Appanah (Ed. Gallimard. Prix Fémina, Prix Goncourt deslycéens et Prix Renaudot des Lycéens )

Ce roman « hybride » a été très bien accueilli parnotre groupe essentiellement composé de femmes. Dans une époque où lesféminicides n’ont jamais été aussi nombreux, on se réjouit que ce texte trèsfort ait pu être primé trois fois et deux fois par des jeunes. Combien d’hommesl’ont lu ?

Dans le prologue, N.A. aborde trois cas de victimesdifférentes – milieu social, origine, éducation – qui finalement doiventaffronter la même peur, la même violence, la même emprise. Après avoir racontéd’abord sa propre histoire, elle s’efforce de décrypter l’engrenage dans lequelelles sont tombées, Emma et Chahinez après elle. L’idée de lier les troishistoires permet d’éclairer les points communs et rend d’autant plusinsupportable la répétition du chantage, de la culpabilisation et de laméfiance qui entourent la parole des femmes. Et surtout demeure le sentiment amer qu’Emma et Chahinez auraient puêtre sauvées.

Ce roman dénonce le fléau des violences conjugales et noustouche au plus profond de nous. Et pour cela, N.A. affirme encore ses qualitésd’écriture en partant de son expérience personnelle pour signer un véritablemanifeste contre les violences faites aux femmes.

 

« Le village del’Allemand » Boualem Sensal (Gallimard 2008)

(L’arrestation de l’écrivain en Algérie puis sa libérationont été à l’origine de notre choix de lire (ou relire) Boualem Sensal.)

Nous avons été frappés par l’originalité de la constructionde ce roman qui met en regard deux journaux intimes, ceux des deux fils d’unancien nazi venu se cacher en Algérie après la guerre 39/45. A sa mort, chacundécouvre son véritable parcours mais réagit différemment. Comment échapper à cetraumatisme ? Est-on responsable des crimes de ses parents ?

Chacun des fils répond à cette situation de façon différente.

B.S. fait de ce livre une source d’informations sur ce qu’aété la « Shoa »pour ses lecteurs algériens. Mais il décrit aussi lesméthodes d’endoctrinement des nazis très proches de celles des islamistes. Ceroman va très loin dans la critique du parti au pouvoir en Algérie. Il nousparle aussi de la France des « quartiers » et del’instrumentalisation qui y est faite de la religion pour convaincre les jeunesde s’engager dans le djihad.

Dès 2008 donc la voix de B.S. s’élevait violemment contre lerégime algérien…Et ce roman reste d’une brûlante actualité.

 

 

« RueDarwin » Boualem Sensal  (Gallimard2011)

Le narrateur Yazid revient sur les lieux de son enfance, rueDarwin à Alger dans le quartier Belcourt, après la mort de sa mère. Mais il nes’y passe pas grand-chose. Il retrouve la vaste maison de sa grand-mère, richeet puissante, qui a tenu sa tribu d’une main de fer. L’occasion de s’interrogersur ses origines et de dérouler l’histoire de l’Algérie, de la colonisation àla guerre de libération et au progrès de l’islamisme.

 

 

« Vivre. Le compteà rebours » Boualem Sensal ( Gallimard 2024 )

Ce roman commence comme un récit d’anticipation. Les hommesvont disparaître sur la terre, mais une puissance supérieure décide de choisirune petite minorité d’élus, « les Appelés », pour les conduire surune autre planète, et créer une autre humanité.

Comment choisir les êtres dignes de confiance et écarter lesêtres toxiques qui ont déjà fait la preuve de leur dangerosité ???

 

 

NOS COUPS DE CŒUR

 

 

« Disparitions »   de    Natsuo KIRINO        éd. 10/18

Une jeune femme revient dans l’île deHokkaido où elle a vécu enfant, et qu’elle a quittée soudainement il y a quinzeans pour vivre sa vie à Tokyo, loin des siens. Aujourd’hui, mère de deux fillettes, elle est accueillie avec sa famillechez un couple d’amis dont le mari est son amant…

Durant ce séjour, sa fille Yuka decinq ans disparait sans que son corps ne soit jamais retrouvé. Elle plonge   alors dans un profond désespoir…

A la fois thriller psychologique maisplus encore, étude des mœurs japonaises, ce roman révèle peu à peu les facessombres et cachées de chacun des personnages, les rendant alors plus prochespour le lecteur…

 

 

« Le palmier »   Valentine Goby    éd. Actes sud

Choquée par l’élagage-décapitation,après attaque de charançons, du majestueux palmier qui orne depuis toujoursl’entrée de la propriété où elle vit, Vive, fillette de 8 ans, contemple,atterrée, le tronc dénudé, désormais bien inutile, et même sinistre, menaçant…

Depuis cette scène, Vive va mal et setrouve en proie à de très fréquentes terreurs nocturnes…

Pourtant, Vive est curieuse, elle estpassionnée de botanique et des parfums dont son père a fait son métier, et sacollection de flacons d’essences pures et rares s’enrichit à chacun de sesretours de voyage …Elle aime aussi compléter ses connaissances relevant dudomaine olfactif, qu’elle partage avec le lecteur.

Valentine Gobi multiplie lesmétaphores dans des scènes symboliques où se répondent sensations fortes etblessures intimes.

Récit-puzzle, envoûtant, où la beautéde la nature semble s’élever contre la violence de la vie…

 

 

 

« Les fureurs invisibles ducœur »   John Boyne       éd. Le Livre de Poche

En Irlande, depuis les années 1945jusqu’à nos jours (2015), Cyril, enfant adopté, ne cesse de chercher savéritable identité, aidé par Julian, son indéfectible ami de toujours.

Ce roman a l’art de susciter chez lelecteur une large palette d’émotions tant les personnages, nombreux,contrastés, nous parlent et nous émeuvent. Les situations, elles aussimultiples, diverses et éprouvantes ne découragent jamais le héros…

Une très belle saga de 850 pages, audénouement inattendu, qui se lit avec intérêt et bonheur….

 

 

« Surchauffe »     Nathan Devers        éd. Albin Michel

Jade, cadre supérieure dans uncomplexe touristique mondial, souffrant d’un burn-out sévère décide de partirsuperviser la création d’un palace dans un archipel lointain. Elle se retrouveprès de l’Ile de la Sentinelle, réputée inaccessible, mystérieuse, où ni leprogrès technologique, ni la civilisation n’ont influencé la population restéerepliée sur elle-même.

Ce conte philosophique, proche de laScience-Fiction, apparemment bien documenté et prometteur en ses débuts, netient cependant pas ses promesses ; abondance de clichés, lourdeur desconsidérations pseudo-politiques, pauvreté des personnages,  intrigue qui piétine et se dilue, ont euraison de l’intérêt initial…. Dommage !

 

 

 

« L’homme qui lisait deslivres »   Rachid Benzine    éd. Julliard

Déjà évoqué lors de l’atelier du 24novembre dernier (cf. le compte rendu de l’atelier) cet ouvrage a suscitécuriosité et intérêt chez beaucoup d’entre nous. Et leur attente n’a pas étédéçue…

Le thème de l’œuvre qui insiste sur le pouvoir de la lecture,tout en apportant un éclairage particulier sur les événements à Gaza, a faitl’unanimité de ses lecteurs.

Nous nous retrouverons lelundi 26 Janvier même lieu, même heure…

Nous vous proposons la lecture de 3 romans :

                                   -« Marcher dans tes pas » deLéonor de Récondo

                                   -« Trois fois la colère » deLaurine Roux

                                   -« Nous sommes faits d’orages »de Marie Charel

 

 

Bonnes lectures !

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